Le super grand Paris

La province. Ses charmes inénarrables. L’odeur d’un champ souillé, un bar vide ici, un troquet rempli de piliers nationalistes. En contre point: L’émerveillement des provinciaux à paris. Un train passe sur un pont, un bus sous le même pont. Architecture du dix neuvième qui arrive encore à faire s’écarquiller des yeux. Un millier de personnes condensées sur quelques mètres carrés. Fascination du villageois, ébahit, qui connait tout de son village, ses adultères, ses rumeurs, ses ragots, ses tremblements et ses larmes. Le bus parle, sa voix de robot: la modernité plus belle que dans le poste de télévision.

Il faut qu’on arrête avec la campagne, avec la province, avec l’air pur de je ne sais où. Il y a des trous partout dans la couche d’ozone, et le dernier litre d’air pur respiré remonte à 1647. Même les esquimaux respirent du fuel passé à l’état gazeux. Les jolies vaches des champs ne sont qu’un mignon spectacle, une machination en carton pâte, une espèce de résurgence des trajets et  paysages vus des trains soviétiques, destinée à cacher les millions de vachettes sur toboggans métalliques que le boucher va saigner à 300 km/seconde.

La campagne n’intéresse plus personne et les dernières études montrent que les gens préféreraient bouffer du béton armé toute leur vie plutôt que de devenir agriculteur. On a pourtant là une étendue immense. Si toute la France (550.000 km carrés) était peuplée comme paris (20800 h/km carré), on aurait de quoi loger onze milliards de personnes. Faites le calcul, c’est authentique. Il faudrait qu’on arrête de nous dire qu’on ne peut pas héberger toute la misère du monde, on pourrait même la doubler et s’en tirer parfaitement. Les bébés boivent du lait en poudre, on pourrait s’y mettre. Le lactose détruit les organismes, de toute façon. On fonde notre croissance sur un produit très néfaste. A croire que la croissance est un concept putride en soi. Allaiter tue. Joli slogan. Quitte à être cynique, autant l’être partout. Le lait sera interdit dans les bars assez rapidement.

Imaginez Paris, onze milliards d’habitants, uniquement des parisiens, un million de lignes de métro, le double en ligne de bus, le lactose interdit, la disparition de l’extrême droite (essentiellement provinciale, c’est un fait), les voix robotiques des bus qui se mettent à chanter, les bousculades permanentes, un trajet dans la ville ressemblant à la traversée d’un terrain de rugby. Plaquages sous les rames de métro, étouffement assumés, des galeries souterraines plus longue que la muraille de chine. Une police de fait impuissante face à cette densité. Des parisiens qui partent en week-end à Paris. Qui hésitent à partir en vacances à Paris ou à Paris. Logique du sens.Flower Unpower…


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One Response to Le super grand Paris

  1. Baptiste. dit :

    L’absence d’eau vive dans nos villes est la source périodique du mal-être citadin. Le béton est un objet parmi tant d’autres. L’effusion est reine, la déchéance un doux mot, qui prend entre deux barres habitées tout son sens. La complaisance dans ce mal-être, le voyou, le poète, est un signe avant-coureur des saines radicalités. La fuite n’est plus d’actualité, les saveurs de la Beauce n’ont plus d’impact sur nos cœurs, ses odeurs sont oubliées, nous ne les reconnaitrions pas.

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